La plume, ou La page à écrire, hommage à Rembrandt, Île Maurice 2018

La plume, ou La page à écrire, hommage à Rembrandt, Île Maurice 2018

Acrylique sur toile

H : 116 cm ; L : 89 cm

Collection particulière

Sensible aux questions de culture et préservation du patrimoine, qui façonnent l'actualité de l'îÎe Maurice et éclairent différemment les regards portés sur son histoire, Emmanuelle a conçu et réalisé un musée imaginaire, soulevant les questions d'authenticité et mettant en lumière la relativité d'une vérité.
Elle y propose des tableaux d'après Cranach, Rembrandt, Vermeer, Watteau, Lancret, Greuze, Friedrich, Magritte ou Picasso, en se demandant ce que ces maîtres auraient pu peindre des lieux, personnages et scènes de Maurice.

Elle emprunte ici un détail du Jeune élève avec son tuteur de Rembrandt van Rijn (dont le costume exotique évoque le métissage de la population de l'île), qu'elle recompose dans le panorama grandiose du vieux volcan décimé, dont on distingue la silhouette emblématique du Pieter Both.

L'Île enchantée, esquisse, hommage à Watteau, Île Maurice 2018

L'Île enchantée, esquisse, hommage à Watteau, Île Maurice 2018

Acrylique sur toile

H : 89 cm ; L : 116 cm

Source d’imaginaires variés, l’île a inspiré de nombreux récits de voyages aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles ainsi que bon nombre d’œuvres romanesques des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Terre isolée au milieu de l’océan, lieu de refuge et de mystères, territoire rêvé autant que maudit, elle invite à l’aventure au cœur d’une nature sauvage.

En hommage à Antoine Watteau, à ses personnages idéalisés dans des décors de paysages oniriques, une jeune fille-ange, vêtue d’un costume évoquant la commedia dell’arte, apprivoise un moustique-papillon géant à visage humain.

Le théâtral coucher de soleil, qui occupe la majeure partie de la composition, avec ses lumières caressantes vient fondre les contours des motifs picturaux, rendre la ligne d’horizon transparente et légère, affirmant un pur jeu de couleurs, de contrastes de matières et de transparences, véritable sujet de ce grand format.

Regard de l'océan Indien, hommage à vermeer, Île Maurice 2018

Regard de l'océan Indien, hommage à vermeer, Île Maurice 2018

Acrylique sur toile

H : 64 cm ; L : 54 cm

Ce portrait de femme s'inspire de différents détails collectés dans l'œuvre de Vermeer.

Le modelé du visage est traité de façon imperceptible, comme s'il était dissout par la lumière, alors que la fenêtre mauricienne est nette, attirant le regard sur ce qui constitue le sujet principal du tableau avec ses jeux de projections d'ombres et d’éclairages qui animent la profondeur.

Le meilleur des dodos, Île Maurice 2017

Le meilleur des dodos, Île Maurice 2017

Acrylique sur toile

H : 35 cm ; L : 27 cm

Pleine lune, Île Maurice 2016

Pleine lune, Île Maurice 2016

Acrylique sur toile

H : 120 cm ; L : 75 cm

Collection particulière

Une tragédienne, inspirée par le décor spectaculaire d'un coucher de soleil, improvise son rôle sur une plage un soir de pleine lune. Entre un ciel baroque, qui menace de déverser ses rideaux de pluie, et une actrice sans public, dont le seul accessoire est son sac de tous les jours, la frontière entre réalité et fiction semble perdre un peu de son étanchéité.

Une palette d'ombres et de tons sourds estompe progressivement les motifs figuratifs pour affirmer un simple jeu de lignes et de couleurs résumées aux trois primaires (rouge, jaune, bleu). Faisant écho au sujet peint, qui interroge les frontières entre réalité et fiction, les partis pris plastiques du tableau questionnent les limites de la figuration et de l'abstraction.

Liberté, je t'aime, hommage à Greuze, Île Maurice 2018

Liberté, je t'aime, hommage à Greuze, Île Maurice 2018

Acrylique sur toile

H : 54 cm ; L : 65 cm

Réputé pour ses scènes de genre à visée morale, Greuze aurait-il peint ce sujet illustrant la vertu, ainsi que la concevaient les philosophes des Lumières ?

La gestuelle, l'expressivité et la mimique d'une jeune fille rêveuse, câlinant un chien errant sur une plage, auraient constitué un prétexte idéal pour mettre en scène la sensibilité sans interdire la sensualité, dans l'esprit du culte de l'émotion propre au XVIIIᵉ siècle, que Rousseau a magnifiquement théorisé et Greuze illustré.

Le naturel exquis d'une enfance libre est suggéré par la mise, sans afféterie, de la fillette, avec sa chevelure à peine disciplinée et sa robe souple qui n'entrave pas les mouvements. La couleur blanche de l'étoffe évoque la pureté de sentiments spontanés, progressivement absorbée par l'ombre qui annonce la nuit et suggère l'empathie de l'enfant inquiète pour le sort de son compagnon de jeu.

La pirogue, hommage à Rembrandt, Île Maurice 2018

La pirogue, hommage à Rembrandt, Île Maurice 2018

Acrylique sur toile

H : 64 cm ; L : 55 cm

Emprunté à Rembrandt van Rijn, le visage de cette femme est accessoirisé d'un étonnant chapeau (le maître conservait dans son atelier toutes sortes d'objets plus ou moins exotiques qu'il utilisait pour vêtir ses modèles) : constitué d'une pirogue mauricienne, dans laquelle se cache un couple enlacé, c'est une discrète évocation du roman Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, œuvre emblématique de la culture littéraire consacrée à Maurice, qui propose de l'île une vision relativement fantasmée.

Le trèfle à quatre feuilles, hommage à Watteau, Île Maurice 2016

Le trèfle à quatre feuilles, hommage à Watteau, Île Maurice 2016

Acrylique sur toile

H : 120 cm ; L : 75 cm

Dos à la mer, vêtu d'un costume étrange et de chaussures trop grandes, empruntés au Pierrot d'Antoine Watteau, un Arlequin (Charlot, ou encore Gorgone) décoiffé par le vent se tient au bord d'une falaise ; il serre dans une main un porte-bonheur, le trèfle à quatre feuilles, rappelant que l'île vierge initialement doit son développement aux hommes qui ont importé leurs bras et leurs talents.

La composition délibérément minimaliste suggère un univers loin de tout confort matériel. Réduite à une simple croix formée par le corps et la ligne d'horizon, elle rappelle symboliquement la fin de toute vie humaine, et confère un climat presque sacré à la mise en scène. Légèrement décentrée, elle ouvre la perspective à droite sur le détail d'un bateau qui croise au large, un rappel de l'insularité et de ses seuls moyens d'échanges possibles durant des siècles.

Manège, Île Maurice 2016

Manège, Île Maurice 2016

Acrylique sur toile

H : 83 cm ; L : 120 cm

Collection particulière

Semblant évadé d'un manège pour enfant, cet équipage insolite, indifférent au comique qu'il pourrait susciter, s'enivre du goût de la liberté. Un jouet de baignoire - canard en plastique jaune - dont le mécanisme des pattes palmées se remonte par un simple tour de clef, remorque l'embarcation avec une confiance inoxydable, et paraît parti pour un voyage à l'infini.

Le point de vue adopté dans la composition, excluant tout repère spatial qui permettrait de délimiter le ciel de l'eau, contribue à l'impression de légèreté de l'attelage flottant dans un univers sans limite ni contrainte.

Derrière son apparente ingénuité, cette scène parle d'indépendance et plaide pour l'affranchissement des règles qui entravent peu ou prou les entreprises humaines.

Mademoiselle Diotime, hommage à Ingres, Luxembourg 2011

Mademoiselle Diotime, hommage à Ingres, Luxembourg 2011

Acrylique sur toile

H : 170 cm ; L : 120 cm

Le goût d’Emmanuelle pour les maîtres anciens, dont Ingres, ne s'est jamais démenti. Sa formation, ses voyages ainsi que son expérience professionnelle lui ont permis d’avoir un rapport direct et quotidien avec les chefs-d’œuvres, qui ont façonné son œil et déterminé ses coups de cœur.

Ce grand portrait de sa fille, âgée alors de quatre ans, rend hommage à celui de Mademoiselle Rivière. L’idéal de beauté du grand peintre, fondé sur la complexe alchimie entre lignes et couleurs, n'est certainement pas étranger à son loisir préféré, le violon, qu'il pratiquait à un niveau professionnel, d'où l'expression "violon d’Ingres".

Diotime est présentée en pied ; les proportions agrandies de son visage et celles réduites de ses souliers soulignent la grâce et le charme des particularités physiques de l’enfance. Elle tient dans la main gauche sa peluche préférée, offrant une gamme de matières travaillées dans une palette monochrome, que réveillent quelques accents vifs de couleurs complémentaires. La guirlande de pivoines roses, qui tombent en decrescendo, les lignes horizontales, qui évoquent celles d’une partition de musique, sont autant de détails suggérant l’univers musical et soulignant les rapports étroits qu’entretiennent les deux formes d’expression artistique.